L’usine Sustana de Lévis, au Québec, commence à recycler les contenants multicouches

L’usine Sustana de Lévis, au Québec, commence à recycler les contenants multicouches

Des débouchés stables et prospères pour les contenants multicouches postconsommation sont importants pour le succès des efforts de recyclage et de récupération à l’échelle du pays. Par conséquent, l’un des piliers centraux du mandat du Conseil canadien des manufacturiers de contenants multicouches (CCMCM) est d’agir en tant que ressource, mettant en contact les centres de tri avec des papetières et d’autres acheteurs de contenants multicouches postconsommation.

En 2019, on estime que 33 000 tonnes de contenants multicouches ont été récupérées au Canada en vue du recyclage. Toutefois, chacun des ballots achetés à des fins de recyclage a dû être expédié aux États-Unis ou à d’autres acheteurs internationaux.

Or, le 1er mai 2020, le CCMCM a été heureux de partager la nouvelle que l’usine Fibres Sustana de Lévis, au Québec, avait commencé à accepter les contenants multicouches d’aliments et de boissons en vue du recyclage. Fibres Sustana est la première usine canadienne en 20 ans à recycler les contenants multicouches. Il s’agit d’une étape importante pour les contenants multicouches au Canada puisque nous avons dorénavant également accès à un recycleur ici même au pays.

Sustana Lévis s’approvisionnera en ballots dédiés de contenants multicouches postconsommation (catégorie PSI-52) principalement auprès des centres de tri de l’Est du Canada. La capacité annuelle actuelle de Sustana Lévis est évaluée à 3000 à 4000 tonnes métriques de contenants multicouches postconsommation, mais l’entreprise prévoie d’augmenter sa capacité au fil du temps. Selon l’indice du prix des matières de Recyc-Québec, ceci représente deux fois la quantité de contenants multicouches vendus par les centres de tri québécois en 2019. En Ontario, les centres de tri ont, quant à eux, vendu environ 8000 tonnes de ballots de contenants multicouches en 2018 (selon les chiffres publiés dans le dernier rapport Datacall du RPRA).

Le CCMCM est fier d’avoir appuyé Fibres Sustana dans sa décision d’accepter les contenants multicouches en vue du recyclage dans son usine de Lévis, au Québec, en lui ayant fourni des estimations sur les quantités potentielles de contenants multicouches postconsommation dont elle pourrait s’approvisionner dans sa région cible et en l’ayant aidé à établir les liens nécessaires avec les centres de tri et autres organisations. Dans d’autres instances, le CCMCM peut être une ressource pour les centres de tri souhaitant mettre en œuvre un tri séparé des contenants multicouches et peut également partager des meilleures pratiques afin d’optimiser le processus de tri.

Si vous avez des questions en tant que municipalité, centre de tri ou usine, n’hésitez pas à communiquer avec moi au ifaucher@recyclecartons.ca. C’est avec plaisir que le CCMCM travaillera avec vous.

Répondre à la COVID-19

Répondre à la COVID-19

Au cours des dernières semaines, la COVID-19 a bouleversé notre vie quotidienne. Alors que nous nous adaptons tous à une nouvelle réalité sociale, bon nombre de nos partenaires et des membres du Conseil canadien des manufacturiers de contenants multicouches (CCMCM) sont en première ligne de cette crise, faisant ce qu’ils peuvent pour aider à soutenir les efforts continus de recyclage de nos collectivités. Au nom du Conseil, je vous remercie de votre engagement exceptionnel.

Il existe de nombreuses façons dont les centres de tri et les autres intervenants de l’industrie du recyclage adaptent leurs processus et leurs entreprises à cette période inhabituelle.

Nancy Doyon, directrice du développement de Récupéraction Centre-du-Québec à Drummondville, au Québec, m’a récemment fait part de certaines de leurs stratégies. Plus nous pouvons partager les meilleures pratiques, plus nous sommes équipés pour continuer à relever de nouveaux défis.

Récupéraction exploite une installation de tri des matières recyclables en plus de gérer l’un des écocentres les plus fonctionnels au Québec. L’entreprise compte 175 employés et traite environ 30 000 tonnes de matières recyclables par année provenant des MRC de Drummond, d’Acton et des Maskoutains et de la région de Sorel-Tracy.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, l’équipe de Récupéraction a mis en œuvre un certain nombre de stratégies proactives, notamment :

  • Réunions régulières avec le personnel pour mettre l’accent sur les mesures d’hygiène et de distanciation sociale ;
  • Assurer une distance minimale de 2 m entre les trieurs aux stations de tri en tirant avantage de la disposition de leur établissement ;
  • Désinfecter 4 fois par jour ;
  • Diviser les heures de pause et de diner en deux quarts de travail, afin de n’avoir que la moitié des gens ensemble pendant ces périodes et de maintenir des distances physiques appropriées entre tout le monde.

La réalité de la situation est que personne ne sait quand cette crise de santé publique prendra fin. D’ici là, nous savons que la communication et l’évaluation continues des risques sont essentielles à la sécurité de notre personnel et de nos équipes et, à leur tour, à celle de nos familles et de nos collectivités.

Si vous avez d’autres suggestions à partager, s’il vous plaît envoyez-les-moi à ifaucher@recyclecartons.ca et nous pourrons en rendre compte dans notre prochaine mise à jour.

D’ici là, restez en sécurité et en bonne santé.

Recyclage des contenants multicouches 2020

Recyclage des contenants multicouches 2020

Alors qu’une nouvelle année et une nouvelle décennie commencent, le moment est propice pour réfléchir à l’état du recyclage des contenants multicouches au Canada.

À certains égards, ce fut une dure bataille. Le marché continue d’être difficile et les débouchés demeurent limités. À l’échelle mondiale, bien que l’interdiction de la Chine d’importer des déchets n’ait pas eu d’incidence directe sur les contenants multicouches, l’effet domino que cette décision a produit a entraîné une réduction de la valeur de cette matière.

À une échelle plus locale, la couverture médiatique récente a alimenté le scepticisme à l’égard du procédé de récupération et de ce qui advient des matières récupérées une fois qu’elles sont ramassées et cela pourrait effriter la confiance et l’engagement des consommateurs envers la récupération. Souvent, même les « experts » dans les médias sont mal informés quant à la récupération et au recyclage des contenants multicouches et à ce qui peut être recyclé et où.

Et pourtant, malgré les défis, nous avons plusieurs raisons d’être optimistes :

  • Des avancées technologiques ont offert au secteur des occasions sans précédent pour introduire des robots et des améliorations comme l’automatisation du tri dans des installations canadiennes, optimisant ainsi les efforts de tri séparé des contenants multicouches.
  • Les contenants multicouches offrent une très grande valeur en tant que matière recyclée. Leurs fibres sont une ressource très convoitée dans la fabrication de nouveaux produits à base de papier et, alors que la consommation de papier de bureau (SOP) est en forte baisse partout en Amérique du Nord, les contenants multicouches s’avèrent une excellente matière première de rechange.
  • De plus, l’intérêt de recycleurs pour ajouter les contenants multicouches comme matière première à leurs procédés demeure grand, ces derniers reconnaissant leur potentiel à être transformés non seulement en différents types de papier, mais aussi en produits de construction écoresponsables, ce qui permettrait de réduire la pression sur les ressources naturelles.

En 2019, le Conseil canadien des manufacturiers de contenants multicouches s’est donné comme ambition de voir le taux de récupération des contenants multicouches atteindre 70 pour cent d’ici 2025 (par rapport à 60 pour cent en 2018). Le travail pour réaliser cet objectif est en cours, mais pour poursuivre sur cette voie et innover ensemble en 2020, un effort collaboratif et concerté sera nécessaire de la part de tous les membres de la chaîne de valeur du recyclage, y compris les centres de tri, les municipalités, les entreprises de gestion des matières résiduelles et les autres parties prenantes.

Le Conseil canadien des manufacturiers de contenants multicouches est fier du travail accompli depuis 2010 dans le but de proposer des solutions à long terme et de contribuer à accroître la récupération et le recyclage des contenants multicouches au Canada et envisage avec enthousiasme de déployer de plus grands efforts pour appuyer les centres de tri, trouver des débouchés pour les contenants multicouches post-consommation et éduquer les consommateurs et consommatrices canadiens au cours de la prochaine décennie.

Un peu d’organisation, et un message clair, peut accroître de beaucoup la récupération dans les écoles, suggère ce récent projet-pilote

Un peu d’organisation, et un message clair, peut accroître de beaucoup la récupération dans les écoles, suggère ce récent projet-pilote

Il n’en prendrait pas nécessairement beaucoup pour faire croître de façon notable la récupération des contenants de boissons et de nourriture dans les écoles, y compris les contenants multicouches. Chaque année, les élèves du primaire et du secondaire consomment au Canada plusieurs dizaines de millions de berlingots de lait et de boîtes de jus, en plus d’énormes quantités d’autres types de contenants. Malheureusement, les écoles font souvent piètre figure au chapitre de leur récupération. Nombreuses sont celles qui ne réalisent pas qu’ils peuvent valoriser les contenants au même titre que le papier, par exemple. Il faut donc trouver des solutions à cet enjeu. Heureusement, un projet-pilote dans la région de Québec qui vient d’être complété nous indiquerait qu’avec un peu d’organisation et de communication, nous pouvons faire des progrès appréciables sur ce plan.

Ce projet-pilote, dont le rapport a été déposé le mois dernier, s’est déroulé au cours de l’année scolaire 2018-2019 à l’initiative de la Communauté métropolitaine de Québec, avec le soutien de Recyc-Québec et du Conseil canadien des manufacturiers de contenants multicouches. L’organisme sans but lucratif Quebec’ERE et le cabinet de spécialistes en stratégies environnementales Chamard y ont également contribué leur expertise. Ce projet visait tous les contenants de boissons et de nourriture, dont les contenants multicouches.

L’étude a été menée dans six écoles primaires et quatre écoles secondaires de la région de Québec. Dans six de ces écoles, on a fait appel à une méthode d’intervention dite passive, et dans les autres, à une méthode plus active. La méthode passive consistait en l’installation à des endroits stratégiques d’affiches (différentes au primaire et au secondaire ; voir photo) et de bacs de récupération dédiés aux contenants. Les affiches indiquaient clairement qu’il n’était pas nécessaire de rincer les contenants avant de les déposer dans les bacs et qu’il suffisait de les vider. Cette croyance en la nécessité de laver les contenants avait été précédemment identifiée comme un frein à la récupération. À ces mesures, la méthode active ajoutait des présentations et un concours pour sensibiliser et motiver davantage les élèves ainsi que le personnel.

Au terme du projet-pilote, on a noté une augmentation moyenne du taux de récupération des contenants de 33,7 % pour la méthode active, et de 22,9 % pour la méthode passive. La récupération des contenants multicouches a suivi la même trajectoire, avec une augmentation globale de 33,2 %. De plus, on n’a constaté aucune contamination significative de la matière par des résidus de boissons ou de nourriture, ce qui indique que la consigne qu’il ne fallait que vider les contenants était suffisante pour en assurer la recyclabilité. Bien que la méthode active ait davantage porté fruit, la méthode passive, moins complexe, a également livré des résultats encourageants.

Fait intéressant, mais pas nécessairement surprenant, les écoles primaires ont mieux performé que les écoles secondaires. J’attribue cet écart au plus grand encadrement qu’on retrouve au primaire, notamment lors des repas et des collations. Cette différence pourrait suggérer un besoin pour plus d’accompagnement au secondaire, possiblement par l’entremise d’« équipes vertes » constituées d’élèves et de membres du personnel. Avis aux intéressés, ÉcoÉcoles Canada, avec qui nous collaborons également, propose des conseils sur son site Web pour organiser de telles équipes. On peut les obtenir ici.

Parmi les résultats de cette étude, je me réjouis particulièrement du fait que la consigne de bien vider les contenants sans les rincer semble avoir facilité leur récupération, tout en ne nuisant aucunement à leur recyclage. Toute école qui souhaite améliorer sa récupération de contenants aurait certainement intérêt à s’inspirer de ce message.

Le rapport complet du projet-pilote peut être téléchargé en cliquant ce lien.

 

De gauche à droite : l’affiche pour la campagne de communication dans les écoles primaires, et celle pour la campagne dans les écoles secondaires

C’est le temps de la rentrée !

C’est le temps de la rentrée !

C’est encore une fois ce temps de l’année. L’air est un peu plus frais, les feuilles commencent tout juste à changer de couleur et les enfants partout au pays ont repris le chemin de l’école.

Et, bien que les mathématiques, l’histoire et les sciences occupent une grande partie des discussions en classe, je suis particulièrement heureuse des partenariats et des collaborations dans lesquels participe le Conseil canadien des manufacturiers de contenants multicouches (CCMCM) dans le cadre d’initiatives environnementales dans les écoles à l’échelle locale et nationale.

En octobre, dans le cadre des rencontres annuelles de lancement du programme ÉcoÉcoles du conseil scolaire de Toronto (TDSB), j’ai été invitée à parler aux éducateurs locaux de la récupération des contenants multicouches et des études de caractérisation des matières résiduelles. ÉcoÉcoles (mis de l’avant par le Bureau sur le développement durable du TDSB) est un programme d’écologisation des écoles de longue date axé sur l’action et l’éducation environnementales qui offre aux écoles participantes la possibilité de devenir certifiées.

Cette année, le thème des ateliers est Action climatique : Donner aux élèves les outils dont ils ont besoin pour devenir des agents de changement et je suis très heureuse de prendre part à cette discussion dynamique qui tombe à point nommé. Les écoles sont un élément essentiel de plusieurs stratégies de sensibilisation à la récupération. C’est donc une excellente occasion pour appuyer et informer ces efforts.

Le CCMCM s’est aussi associé à ÉcoÉcoles Canada (anciennement ÉcoÉcoles Ontario) qui travaille pour que tous les membres des communautés scolaires acquièrent « les connaissances, les compétences et le désir d’agir en tant que citoyens responsables vis-à-vis de l’environnement ».

Comme le programme du conseil scolaire de Toronto, ÉcoÉcoles Canada certifie les écoles qui font preuve de réalisations en matière d’apprentissage environnemental et d’action. Cette collaboration permettra d’élargir l’outil de caractérisation des matières résiduelles pour qu’il inclue les contenants multicouches tels les berlingots de lait et les boîtes à boire et de recueillir des données pertinentes au sujet de la récupération des contenants multicouches en milieu scolaire, plus particulièrement des données permettant de recenser les freins et de trouver des solutions potentielles.

Dernier point, mais non le moindre, le CCMCM est fier de travailler avec Multi-Material Stewardship Manitoba (MMSM) pour offrir des plans de cours fondés sur le curriculum et axés sur le recyclage des contenants multicouches pour les élèves de 1re à 6e année. Ces activités font appel à des notions de mathématiques, de sciences et de langue pour enseigner aux élèves comment ils peuvent avoir un impact positif sur l’environnement.

C’est un excellent début d’année scolaire et nous serons très heureux de continuer à travailler sur des projets comme ceux-ci pour aider à former des ambassadeurs et des ambassadrices de la récupération des contenants multicouches partout au pays.

 

La transition du programme des boîtes bleues ontarien vers un système axé sur l’entière responsabilité des producteurs

La transition du programme des boîtes bleues ontarien vers un système axé sur l’entière responsabilité des producteurs

Le ministre Yurek annonce les prochaines étapes pour transférer les coûts et la gestion du programme de boîtes bleues à l’industrie dans les installations de Canada Fibers à Toronto, le 15 août dernier.

Le 15 août dernier, j’ai participé à un évènement organisé par le ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs, M. Jeff Yurek, et ses collègues pour annoncer les prochaines étapes dans la transition du programme de boîtes bleues ontarien[1] du modèle actuel où les municipalités et les producteurs partagent les coûts du programme vers un système axé sur l’entière responsabilité des producteurs.

Le Conseil des manufacturiers de contenants multicouches du Canada (CCMCM) applaudit les étapes que propose le gouvernement ontarien « en vue de réacheminer les déchets, de nous attaquer à la pollution par le plastique et de créer une nouvelle économie de recyclage qui fera la fierté de tous les Ontariens et Ontariennes. »[2] L’annonce de la semaine dernière offre aussi une certitude grandement nécessaire relativement au moment choisi pour opérer la transition.

Selon l’annonce du gouvernement, au cours de la prochaine année, l’Ontario préparera une réglementation et mènera des consultations en vue d’appuyer le nouveau cadre de responsabilité des producteurs pour le programme de boîtes bleues. Stewardship Ontario, qui gère le programme de boîtes bleues actuel, soumettra un plan à l’L’Office de la productivité et de la récupération des ressources (Resource Productivity and Recovery Authority) d’ici le 30 juin 2020. Le premier groupe de municipalités à passer à ce nouveau système le fera d’ici le 1er janvier 2023, alors que la transition doit être terminée à la fin de 2025.

Le CCMCM salue le leadership des représentants de l’industrie et des municipalités qui, grâce à leur approche collaborative et à leur dévouement envers ce dossier, ont assuré un résultat productif après une série de rencontres et la publication du rapport du conseiller spécial, David Lindsay, qui ont ouvert la voie à cette annonce.

Bien entendu, il reste encore beaucoup à faire, notamment en ce qui a trait à la rédaction de la réglementation pour le programme des boîtes bleues qui définira le processus de transition ainsi que les paramètres et exigences du nouveau programme. Mais, si les derniers mois sont garants de l’avenir, je dirais alors que les choses augurent bien.

Le CCMCM sera très heureux de poursuivre son engagement alors que seront lancées les consultations cet automne et alors que nous franchirons ensemble cette prochaine étape déterminante vers la transition du programme des boîtes bleues.

[1] C’est  ainsi que l’on réfère au programme de collecte sélective dans cette province.

[2] https://news.ontario.ca/moe/fr/2019/08/lontario-annonce-les-prochaines-etapes-pour-ameliorer-le-recyclage-et-sattaquer-aux-dechets-plastiqu.html